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#FDGG: « Il n’y a pas d’autre alternative en Afrique Subsaharienne que le préservatif ou la Kalachnikov »

25 % des femmes africaines recourent à la contraception contre 60 % dans le monde. D’ici la fin du siècle, 40 % de la population mondiale sera africaine. Le géographe Pierre Pourtier, nous dévoile les avantages et les dangers de cette explosion démographique « qu’on n’a jamais vue dans l’histoire de l’humanité ».

Les avantages du boom démographique

D’ici 2050, le Nigeria, la République démocratique du Congo et l’Ethiopie feront partie des dix pays les plus peuplés au monde. Le Niger affiche déjà le taux de fécondité le plus élevé au monde : 7,6 enfants par femme en moyenne. En 2100, la population nigérienne, qui compte actuellement 17 millions d’habitants, comptera 204 millions d’individus. Cette explosion démographique présente certains avantages que « les démographes et les économistes appellent le dividende démographique et qui permet de réduire considérablement le nombre de dépendants (les enfants, les jeunes et les vieux) » soutient Pierre Pourtier.  La population active nombreuse sera un facteur important pour le développement des activités économiques et la création de nouveaux marchés.

Les dangers du boom démographique

« Il va être difficile de faire face à une croissance aussi rapide qui va mettre chaque année sur le marché du travail des dizaines de millions de jeunes explique le géographe français. Il y a une grosse crise de l’enseignement en Afrique et de la formation professionnelle. Pas sûr qu’il y aura assez de création d’emploi pour donner du travail à tous ces jeunes ». Actuellement, le taux de chômage des 18-24 ans est le double de celui des adultes. Selon une enquête réalisée par la Banque mondiale, environ 40% de ceux qui rejoignent des mouvements rebelles et terroristes seraient motivés par le manque d’emplois. Pour les acteurs et observateurs de l’économie africaine, cette jeunesse désoeuvrée est une bombe à retardement. L’autre aspect inquiétant est que « faute de perspectives professionnelles, une bonne partie des jeunes inactifs vont chercher à fuir leurs pays. Il faut s’attendre à avoir dans les années à venir une pression migratoire considérable si les pays africains ne mettent pas sur pied une véritable politique de contraception favorisant un changement de mentalité des populations. Faute de quoi, l’alternative pour les jeunes africains pourrait être le préservatif ou la Kalachnikov » conclut Pierre Pourtier.

FLORE ONISSAH

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